Bye Bye Show Bizz. Jérôme Savary.

Revue.

Stadttheater Bern.

Radio Suisse Romande, Espace 2, Musimag, 19 décembre 1985.

 

 

(Musik)

 

Sur chaque acteur, chanteur et danseur qui trouve un engagement, il y a deux ou trois qui ne réussissent pas. Leurs noms, on ne les trouve pas dans les journaux, mais sur les listes des chômeurs, et leur scène ne se trouve pas dans le théâtre, mais au service de l'emploi. C'est d'eux que nous parle la revue de Jérôme Savary en nous montrant comme ils font la queue pour un engagement. Il y longtemps qu'ils ont perdu les illusions. Ce n'est plus un rôle principal qu'ils demandent. Ils sont prêts à tout jouer, même des rôles de figurants. Mais rien à faire. Aucun emploi vacant. Pour le reste du jour, ces acteurs-chômeurs n'ont plus rien à espérer.

 

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Mais tout à coup, il y a un qui veut combattre la résignation.

 

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Montez votre revue ici, au bureau de l'emploi! Il frappe dans les mains, le mur gris de la résignation disparait, puis on découvre un vrai théâtre -

 

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avec lumières, rideaux, orchestre.

 

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Sur ce théâtre imaginaire, chacun des onze artistes présente son numéro, ce numéro qu'il n'a jamais pu montrer en réalité. Par exemple une scène de pantomime:

 

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D'autres auraient voulu faire du chant:

 

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Onze artistes nous racontent, pourquoi le théâtre les attire et quels sont les obstacles auxquels ils se heurtent. Puis ils font allusion au succès de leurs collègues connus: Jean-Paul Belmondo, Marcel Marceau, Lawrence Olivier, Marilyn Monroe. En même temps, ils se moquent de toutes sortes de théâtre – même d'un théâtre si lointain comme le Kabuki japonais.

 

(Musik)

 

En écrivant "Bye Bye Show Bizz", Jérôme Savary entendait rendre hommage aux membres de sa troupe. Pour chacun des amis, il a créé un rôle sur mesure. Et à cause de ce travail sur mesure, il est très difficile de monter la revue avec une autre troupe que la troupe originale. Les raisons sont assez évidentes, puisque les acteurs bernois doivent jouer des acteurs français, voire même des acteurs qu'ils n'ont jamais vus. Et cela, c'est difficile à faire, mille fois plus difficile que Lear ou Othello. Car les personnages de la littérature sont clairs, ils ont des trait bien marqués. Les acteurs sans travail par contre, du moins ceux que Savary nous présente, ces acteurs n'ont rien d'extraordinaire. Leurs histoires sont banales, et elles se ressemblent. Les personnages de la revue restent donc flous, et par leur manque de profil ils représentent une grande difficulté pour les comédiens bernois.

 

L'histoire se termine après que tous les onze comédiens ont raconté leur histoire. Donc, s'il n'y avait que six comédiens, la représentation serait la moitié plus courte, sans que quelque chose y manque. Cela veut dire: tous les éléments de cette revue sont interchangeables et sans importance apparente. Et même si les comédiens aurait su égaler ceux de Savary, ils n'auraient pas pu faire oublier les faiblesses de la revue comme telle.

Die Stimme der Kritik für Bümpliz und die Welt [-cartcount]