Le Cinesi; Echo et Narcisse. Christoph Willibald Gluck.

Opern.

Olivier Cuendet, Herbert Wernicke. Theater Basel.

Radio Suisse Romande, Espace 2, Musimag, fin avril 1989.

 

 

Différence des opéras

début – fin de la carrière

italien – français

présent – passé

Chine (allusion à la mode de la chinoiserie, mais aussi aux lettres persanes: les chinoises se représentent le monde européen – fonction de miroir, dans lequel notre monde peut se contempler) – Grèce antique

 

Base commune

Qui suis-je? L'homme: Qu'est-ce que c'est?

Base de tout théâtre. Novalis: Le théâtre est la réflexion active de l'homme sur lui-même: "Das Theater ist die tätige Reflexion des Menschen über sich selbst."

 

Le Cinesi

3 dames chinoises. S'ennuient. L'ennui crée la culture. Découvrent des notes d'opéras européens. Décident de chanter les grands rôles du répertoire: tragique, héroïque, comique. En jouant, le temps passe. Appris du neuf. Mais: On n'était pas chez soi, mais ailleurs, on n'était pas soi, mais quelqu'un d'autre. L'art a fait oublier le moi vide et insignifiant des trois dames. L'art: un mensonge qui dépasse la réalité par son attraction, sa beauté, son importance. Phénomène d'escapisme bien connu.

 

Echo et Narcisse

Aboutit aux mêmes réflexions.

Narcisse: amoureux de soi-même. Ne peut pas se détacher de sa propre image que le miroir lui reflète.

Echo: Nymphe. Aime Narcisse. Lorsqu'elle n'est pas exaucée, tombe malade, devient une voix seulement. Echo: ne peut pas vivre sans l'autre, ne vit que par lui. C'est lui qui la remplit, sans lui, elle n'est personne, elle est vide.

Narcisse: Besoin de personne. Suffit d'être seul avec soi-même. L'âme trop remplie pour s'occuper des autres. "Chinoises" nous montre un moi vide, "Echo et Narcisse" élargit la gamme et montre un moi vide et un moi trop plein. Manque d'équilibre. Isole les âmes et les rend incapables de former une société digne de ce nom.

 

Mise en scène (Herbert Wernicke)

Respecter les vielles convention du 18e, mais en même temps transposer les signes artistiques de la pastorale et de la chinoiserie dans un cadre approprié à nos goûts et à nos conceptions esthétiques.

 

Wernicke a trouvé la solution. Son théâtre, comme le théâtre du 18e, est anti-illusionniste et antinaturaliste. Tout ce que nous voyons est donc signe extérieur, artificiel, d'une vérité abstraite. Mais le langage de Wernicke n'est plus celui de l'Ancien Régime, mais de nos jours. Les chanteurs ont des corps, Wernicke les fait bouger à travers la scène, et, par ces mouvements, il nous fait découvrir l'algèbre de la structure interne de ces opéras.

 

Musique

Olivier Cuendet: correct, modeste, solide, sans se faire remarquer, tout comme le plateau qui avait des voix fraîches, belles et homogènes.

Gluck: ennuyeux, plein de routine, souvent formaliste.

Musique au deuxième plan. Premier plan: l'inspiration du metteur en scène qui avait la conception géniale qui rendait vie à une Belle au bois dormant endormie et oubliée.

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